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mercredi 13 mai 2009

Facultatif catégorique

Dilemme existentiel s'il en est un : tiper ou ne pas tiper.

Si ce concept a parfois des effluves ésotériques pour un adulte de 40 ans, qu'en est-il pour un pré-ado de 11 ans ? Ça relève carrément de la physique quantique!!!

Illustration : Bientôt-14-ans, accompagné de 11-ans-et-demi-c'est-très-important-la-demie, vont à l'épicerie à la demande de leur maternelle. Le premier est muni d'une liste de 3 items et d'un sac réutilisable. Le second est responsable du transport et manutention d'un billet à cours légal, et de rapporter la monnaie post-transaction. Jusque là, ça va. Mes deux estafettes reviennent au bercail en s'étant plus qu'adéquatement accomplis de leur mission (ils ont pris le jell-o sans nom, pour ainsi économiser 7¢... si jeunes et déjà chiches... mon coeur gonfle de fierté). Mais il y a un hic. Un os. Sur remise de la monnaie, le compte n'y est pas.

Il manque de l'argent. 1$ pour être exact (à chiche, chiche et demi).

A ma demande, je reçois de M.-11-ans l'explication suivante, débordante de simplicité :

-"Ben, j'ai donné du pourboire".

-"Ha, bon".

...?

-"Mais au juste, à QUI as-tu donné un pourboire?"

-"Ben, à la caissière"

-"Ha, oui... bon."

... :-?


Leçon du jour (version longue) : Mon bel et généreux amour. Je reconnais ton intention valeureuse. Je saisis ta démarche flatteuse. Je constate ton allégresse enjôleuse. Je reconnais aussi le caractère ultra-complexe et ténébreux du monde des pourboires, et les lacunes de mes enseignements à cet égard. Il n'en demeure pas moins qu'on-ne-tipe-pas-la-caissière-du-provigo-staffaire! (à moins de vouloir user du subterfuge pour lui refiler un bout de papier avec ton numéro de téléphone - oups, j'ai rien dit, oublie ça - sujet d'un blogavenir d'ici ton 23ième anniversaire).

Leçon du jour (version abrégée selon Luis Rego) : Il faut retourner sept fois la monnaie dans sa poche avant de donner un pourboire!

mercredi 4 mars 2009

Politesses et autres absurdités

Nous sommes à table chez Mère-Grand qui nous a préparé un lunch dominical délectable. Bien que nous soyons passés chez elle à l'improviste, et elle insiste pour nous nourrir (Bon... d'accord, ça lui fait tellement plaisir!). Elle prépare un peu de ceci, un peu de celà; ce que j'appelle un repas "touski" (touskireste); délectable malgré sa simplicité. Il y a de tout sur la table : pâtes alfredo, poulet, taboulé, salade de brocoli, crudités, etc. Nous sommes sous affamés, attablés, et occupés à dévorrer nos assiètes... hormis 11 ans.

Mère-Grand, d'un naturel très pro-anxiété, s'inquiète brusquement du microscopique volume de boustifailles qui captive le gamin.

MG : "T'aimes pas le couscous? T'aimes pas les pâtes? Tu peux quand même pas manger juste du poulet.... tout seul comme ça! Veux tu que je te prépares une sandwich au poulet?"

11 : "Oui, s'il vous plait"

MHUUUUUNNNN. Mauvaise réponse!!!

Bon, je concède quelques morceaux de robot pour le "s'il vous plait". Mais sans plus.

Leçon du jour (version intégrale) : Lorsque quelqu'un t'offre quelque chose, réfléchis avant de répondre. Pose-toi la question suivante : "est-ce que ce que j'ai ENVIE de répondre va causer un désagrément?". Quel qu'il soit. Si la réponse à cette question est positive, alors la règle de politesse est de refuser (ou accepter selon le cas) la proposition afin d'éviter ledit désagrément. J'illustre :

Étude de cas #1
MG : "Le repas est prêt, mais si tu n'aimes pas ça, je peux de préparer autre chose"

Réflexion = Mère-grand a beaucoup travaillé à préparer le repas. Si j'acceptais son offre, elle devrait se tapper la préparation d'un autre plat... Pauv'Mère-Grand.


11 : "Non merci grand-maman, ça va très bien comme ça". (voir Spécial du jour)


Étude de cas #2

Tante Huguette : "J'ai du jus de pomme au frigo, et du jus d'orange au sous-sol. Qu'est-ce que tu préfères?"

Réflexion = Tante Huguette est à deux pas du frigo...


13 : "Je prendrais un jus de pomme, s'il vous plait".


Étude de cas #3
Madame Dupras, la charmante voisine : "Bonjour mon grand, est-ce que ça va bien ce matin?"

Réflexion = ma mère me rend fou avec mes devoir, mon père me casse les pieds avec les poubelles, mon frère ne cesse d'accaparer l'ordinateur et ma soeur me harcelle pour jouer à la barbie. Non, ça ne va pas bien aujourd'hui. Mais est-ce ça intéresse vraiment Madame Dupras ? Est-ce que ça ne risque pas, même, de la mettre mal à l'aise ?

13 : "Oui oui, Madame Dupras, et vous?" (blogavenir : traité sur le vouvoiement)

MD : "Oui, ça va très bien... haaaaa qu'il est poli le petit!"


Etude de cas #4
Mononc' Bob : "Regarde ce que je t'ai rapporté de Miami; un beau porté-clé en forme de la Floride. Es-tu contente?"

Réflexion : Ouach !


Petite Princesse : "Wow, t'es donc bien fin Mononc' Bob!"


Leçon du jour (version abrégée) : Ça semble compliqué, mais en fait, c'est bien simple. Si t'as envie de dire oui, tu dis non, et si t'as envie de dire non, tu dis oui. Compris ?

Citation assortie :
La politesse est la plus acceptable des hypocrisies (Ambrose Bierce).

lundi 16 février 2009

Ha, la vie d'artiste

Qu'y a-t-il de plus touchant ? Votre cher 11 ans, sur scène, partageant sa plus récente passion, la clarinette, dans le cadre d'un spectacle scolarico-bénéfico-amateur. Me voilà, enfin, recueillant les moissons de ce dur labeur qu'ont été ces mois de pratique - du traditionnel grincement morave aux notes bien poussées. Larme à l'oeil, coeur débordant de fierté. Je suis entourée d'aussi-fiers-parents, dévouant leur complète attention à l'endroit de tous les enfants-artistes (qu'ils sont mignons!).

Enfin, presque tous. Certains font acte de présence à l'événement dans le seul but d'assister à la performance de LEUR progéniture. Ils ne cherchent même pas à dissimuler leur ennui le plus total lorsque leur marmot n'est pas sur scène. Si seulement ils ne s'en tenait qu'à bailler aux corneilles, voire même somnoler de temps à autres. Mais non... pourquoi pas rattraper le temps perdu ? Allons-y d'une discussion avec bobonne sur l'état lamentable du lave-vaisselle, ou d'une mise à jour sur la vie tumultueuse de la-mère-d'océanne. Et quoi d'autre encore... ha oui...le cellulaire. Dois-je vraiment m'étendre sur le sujet ?

Leçon du jour (version intégrale) : Lorsque quelqu'un, particulièrement un gamin, se donne la peine de préparer une prestation (chanson, danse, discours, etc.) et s'arme du courage nécessaire pour le présenter à une foule de parents/famille/amis; lorsque vous CHOISISSEZ de vous présenter au dit spectacle; la moindre des chose est de démontrer un minimum de respect envers TOUS les artistes et pas seulement le vôtre. La chose est simple à accomplir et ne requiert aucun diplôme universitaire : On s'abstient de tout comportement perturbateur (discussion, usage du téléphone, gigotage). Lorsqu'on doit absolument aller soulager sa vessie, ou prendre un appel important (l'auteure reconnaît ici la probabilité que de réelles urgences puisse survenir), on s'éclipse dis-crè-te-ment entre deux performances.

Leçon du jour (version abrégée) : Pendant un spectacle, on se tient tranquille et on se la ferme !


Aussi pénible que celà puisse paraître, sache, mon cher ado, que chaque événement est en fait une étape préparatoire; l'entraînement te sera très utile lorsque tu feras dans les 7 chiffres à la tête d'une multinationale, et que tu seras invité aux premières d'opéra les plus courues en ville (nous étudierons un jour le bon usage des applaudissements et des sifflements en de telles occasions).

samedi 14 février 2009

Bonnes manières

Je ne suis pas du genre à croire que les enfants doivent être vus et non entendus. Mais je rêve tout de même du jour où mes enfants seront capables de choisir les ustensils appropriés, selon le repas servi (tacos vs spaghetti) sans intervention divine (c'est moi, ça).

Mon plus grand défaut étant mon éternel optimisme, je me fais la promesse solennelle aujourd'hui que OUI, mes enfants maîtriseront ces quelques bonnes manières.

  • Il faut attendre que toute la tablée soit servie avant de commencer à s'empiffrer;
  • A l'entrée ou la sortie d'un lieu public, il faut retenir la porte pour la personne qui nous suit, ou que l'on croise, selon le cas. S'assurer de dire "bienvenue", et ce bien fort surtout pour la personne qui ne vous a PAS remercié de votre politesse (qui a dit que les bonnes manières et la raillerie étaient incompatibles?);
  • Au téléphone, on ne demande pas "qui parle" lorsque c'est nous qui appelons. Il faut se présenter, puis demander poliment la personne à qui l'on veut parler. On ne marmonne pas - on parle clairement. Bien que très simple d'usage, le téléphone fait appel aux compétences-croisées : "merci" et "s'il-vous-plait" s'appliquent ici aussi!
  • Parlant de téléphone, le 911 doit être composé en cas d'urgence, seulement. Lorsqu'on a envie de jaser un brin, ON APPELLE GRAND-MAMAN! (compris Zack ?)